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Le ministre de l’Économie numérique Mark‑Alexandre Doumba évoque les priorités du Plan stratégique 2025‑2030, la portée internationale de sa nomination à l’UIT (Union internationale des télécommunications) et l’alignement de son action avec le PNCD 2026.
Quelles avancées sont prévues par le Plan Stratégique du numérique 2025-2030 en termes de création d’emplois, quelles filières du secteur numérique sont concernées et quel rôle votre département va-t-il jouer dans la mise en œuvre du Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP) ?
Mark-Alexandre Doumba : La vision portée par Son Excellence Monsieur le président de la République, chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema est claire : faire du numérique un pilier structurant de notre économie et un levier concret de création d’emplois et de souveraineté nationale. Le Plan stratégique du numérique 2025-2030 s’inscrit pleinement dans cette ambition.
Pour 2025 et 2026, les premiers jalons sont déjà posés. Nous avons engagé la structuration de l’écosystème du numérique, la création d’un cadre réglementaire, la définition des missions des nouvelles directions générales sous tutelle ainsi que celle des infrastructures et réseaux par les projets structurants Gabon Fiber, la mise en place des services financiers digitaux avec le programme Madigipaie en partenariat avec le GIMAC, celle de l’e-administration avec le PUPS (la plate-forme unique de prévoyance sociale) des caisses, et enfin l’innovation technologique avec le wifi dans le train en phase pilote satellitaire.
Ces filières concentrent aujourd’hui les meilleures opportunités pour la jeunesse gabonaise et pour le développement d’une économie numérique durable. L’approche de notre ministère repose sur la montée en compétences, la création d’écosystèmes entrepreneuriaux et le soutien ciblé aux start-up et entreprises locales. Il s’agit de créer des emplois stables, qualifiés et générateurs de valeur, en lien avec les besoins réels du marché.
S’agissant du Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP), notre ministère joue un rôle clé dans sa modernisation. Le numérique est au cœur de la réforme de la gouvernance financière voulue par le président de la République : transparence, traçabilité, célérité et fiabilité de la dépense publique. Le SIGFIP rénové permettra un pilotage plus rigoureux des finances publiques et une meilleure redevabilité de l’action de l’État.
Votre ministère a initié le programme Madigipaie en partenariat avec le GIMAC. Quels sont les objectifs et les retombées concrètes de ce programme pour le Gabon ?
Dans le cadre de la modernisation des paiements et de l’inclusion financière, notre ministère a en effet lancé, en partenariat avec le GIMAC, le programme Madigipaie qui vise à digitaliser les transactions et à sécuriser les paiements, tant pour l’administration que pour les acteurs économiques. Cette initiative permet de réduire l’usage du cash, de sécuriser les flux financiers et de faciliter la formalisation de l’économie. Elle s’inscrit pleinement dans la vision du président de la République, qui veut faire du numérique un outil de transformation économique et sociale pour tous les Gabonais. Le programme Madigipaie est également un levier stratégique pour moderniser les services publics : la digitalisation des paiements de l’État (taxes, redevances, services administratifs) améliore la transparence, accélère les processus et renforce la confiance entre l’administration et les citoyens.
En tant que ministre de l’Économie numérique, vous avez été nommé au Conseil de l’alliance de l’innovation et de l’entrepreneuriat de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Quelle est la portée de cette distinction pour le Gabon et votre rôle au sein de cette instance ?
Ma nomination en août 2025 au sein du Conseil de l’alliance de l’innovation et de l’entrepreneuriat de l’UIT est avant tout une reconnaissance de la dynamique impulsée par le président de la République dans le domaine du numérique. Ce conseil constitue un espace stratégique où se dessinent les grandes orientations mondiales en matière d’innovation, de connectivité et de transformation digitale. Pour le Gabon, c’est une opportunité de n’être pas seulement bénéficiaire mais aussi force de proposition.
Quant à mon rôle, il est double : porter la voix du Gabon et de l’Afrique centrale sur les enjeux numériques globaux, et capter les meilleures pratiques, partenariats et innovations au service de notre ambition nationale. Cette position renforce la crédibilité du Gabon sur la scène internationale et facilite l’accès à des initiatives structurantes pour notre écosystème numérique.
« Doté de 82 milliards de FCFA, le budget 2026 de notre ministère va financer notamment les infrastructures numériques. »
En quoi cette nomination représente-t-elle une opportunité stratégique pour le Gabon et peut-elle attirer davantage de partenariats ?
C’est une opportunité stratégique majeure pour le Gabon parce qu’elle conforte l’ambition du président de la République de positionner notre pays comme un acteur crédible et influent de la transformation numérique en Afrique. Concrètement, elle permet au Gabon d’influencer les réflexions internationales sur les politiques numériques, les technologies émergentes et les modèles d’innovation. Elle favorise également l’attraction de partenariats techniques et financiers, essentiels pour accélérer la mise en œuvre de notre agenda numérique national. Notre ambition est claire : faire du numérique un pilier de la diversification économique, de la compétitivité et de l’inclusion sociale.
Votre gouvernement mise notamment sur la formalisation de l’économie grâce au numérique. Quel est le rôle de votre ministère dans cette refondation, et comment est utilisé le budget alloué au numérique pour 2026 ?
La formalisation de l’économie par le numérique est l’un des axes structurants de l’action gouvernementale, conformément aux orientations du président de la République. Le numérique permet de mieux identifier les acteurs économiques, d’élargir l’assiette fiscale et de créer un environnement des affaires plus transparent et attractif.
Doté de 82 milliards de FCFA, le budget 2026 de notre ministère, qui a connu une hausse significative, vise à financer notamment les infrastructures numériques, la digitalisation des services publics, la cybersécurité, la formation des compétences et le soutien à l’innovation. Ces investissements sont pensés comme des catalyseurs de croissance durable, au service de la compétitivité.
Quelle est la feuille de route de vos 100 premiers jours et quelle impulsion comptez-vous donner à votre action pour assurer sa cohérence avec le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026 ?
Les Gabonaises et les Gabonais sont en droit d’attendre des résultats concrets. La feuille de route des 100 premiers jours, que j’ai redéfinie à la suite de la réorganisation de mon département ministériel, est guidée par une logique d’impact rapide et mesurable. Elle repose sur trois priorités : accélérer la digitalisation des services publics à fort impact citoyen, renforcer les fondations de l’économie numérique, et enfin créer un cadre propice à l’investissement et à l’innovation. Cette action s’inscrit pleinement en cohérence avec le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026 voulu par le président de la République. L’impulsion que nous donnons aujourd’hui vise un objectif précis : améliorer concrètement la vie des citoyens et préparer durablement l’avenir du Gabon par le numérique.
Propos recueillis par Serge-Henri Malet