« L’aboutissement de la réorganisation de nos services est proche »

Luther Steeven Abouna Yangui, directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor, est aussi président du Cadre permanent de concertation des Trésors publics de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CPC-TP CEMAC). C’est à ce double titre qu’il exprime sa vision d’un Trésor public en pleine métamorphose et en voie continue d’amélioration pour augmenter ses performances.

 

Entretien - Directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor

Le Trésor public a célébré cette année son 60e anniversaire. Quels sont ses acquis,son rôle et son importance dans le dispositif financier de l’État gabonais,et quellessont ses perspectives au regard du Plan stratégique 2024-2026 qui vise l’édification d’un « Trésor public d’excellence »dans un monde en voie de digitalisation accélérée ? 

 

Luther Steeven Abouna Yangui :Depuis six décennies, le Trésor public demeure fidèle à sa mission : protéger les deniers publics, inspirer la confiance par la transparence et la rigueur et se tenir au cœur de la construction nationale en accompagnant les priorités de l'État. Comme je l’ai rappelé dans mon discours lors de la célébration des soixante ans de notre administration, elle s’est imposée au fil des décennies comme un pilier essentiel de la gestion des finances publiques, un garant inébranlable de la transparence budgétaire et un acteur majeur de la stabilité économique nationale.

Le Trésor public aujourd’hui, ce sont soixante années d’engagement, de dévouement, de réformes courageuses  et d’innovation au service exclusif de la République. Pour être plus précismais sans prétendre à l’exhaustivité, je soulignerai que ces dernières années, le Trésor public a engagé d’importantes réformes structurantes comme la participation à la mise en œuvre d’un Système d’information intégré de gestion des finances publiques, la dématérialisation progressive des procédures, la digitalisation des encaissements et paiements publics, le renforcement du recouvrement des ressources intérieures et l’opérationnalisation du Compte unique du Trésor ou encore la création de l’Agence bancaire du Trésor. Ces avancées s’inscrivent dans une trajectoire de modernisation continue visant à positionner le Trésor public comme un acteur de référence en matière de gestion financière publique en Afrique centrale. De plus, à travers ces actions, il apparaît clairement que le soixantième anniversaire, au-delà de consacrer une longévité, consolide avant tout un héritage patiemment bâti par des femmes et des hommes qui, génération après génération, ont incarné les valeurs cardinales de rigueur, de probité, de sincérité, de disponibilité et d’efficacité.

S’agissant du second volet de votre question, je réitère mes propos du 16 octobre dernier à l’occasion du lancement des activités du soixantenaire. En effet, le temps de la commémoration a aussi été celui de la projection vers l’avenir. Cet avenir, nous le voulons moderne, digital, performant et au service de chaque citoyen.Ainsi, le Trésor public gabonais s’ancre irréversiblement dans une dynamique de transformation durable et profondeadossée à notre Plan stratégique et en parfaite harmonie avec la vision prônée par Son Excellence Monsieur Brice Clotaire OliguiNguema, président de la République, chef de l’État, chef du gouvernement.Á cet égard, et pour paraphraser Saint-Exupéry : « L’avenir, tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre. »Cette modernisation n’aura donc de sens que si elle repose sur des fondations éthiques solides, sur une transparence irréprochable et sur la compétence de nos agents. C’est pourquoi nous continuerons d’investir dans la formation, l’innovation et les outils modernes pour maintenir notre rang d’administration phare et de partenaire fiable au service de notre pays.

 

« Nous allons créer une Direction de la qualité et un Observatoire de l’éthique et de la déontologie. »

 

À l’occasion des célébrations des60 ansde la DGCPT, comment son personnels’est-il impliqué pour concilier devoir de mémoire et valorisation du futur pour un Trésor gabonais désormais engagé dans une logique de performance et de bonne gouvernance ?

 

La célébration du soixantenaire du Trésor public a été pour chaque agent l’occasion de rendre un hommage appuyé aux pionniers et aux dirigeants successifs de notre administration qui ont apporté, chacun pour sa part, leur pierre à la construction de l'édifice commun. Cette célébration a également permis de rassembler notre grande famille et de partager des moments de convivialité. J’ai pu mesurer pleinement la portée symbolique de ce moment de communion et de retrouvailles après la célébration du cinquantenaire de notre administration en octobre 2015. Au-delà de rehausser l'éclat de cet anniversaire, la mobilisation et la participation active de l’ensemble du personnel témoignent de l'engagement de chacun à accompagnerle Trésor public dans l’accomplissement de ses missions et dans sa marche vers l’excellence. La célébration du soixantenairetraduit ainsi la volonté de la direction générale de renforcer l’esprit d’appartenance à une même corporation, de consolider la mémoire institutionnelle et de réaffirmer le rôle de pilier central du Trésor dans la gestion des finances publiques.

Par ailleurs, dans le contexte de modernisation et de promotion de la bonne gouvernance que vous évoquez, le Trésor public s’est engagé dans une série de réformes visant à améliorer la qualité de ses services et à renforcer les dispositifs de lutte contre les comportements déviants et inappropriés en milieu professionnel. Sur le premier point, concrètement, une Direction de la qualité est en cours de création.Cette structure aura pour mission de définir et de suivre des indicateurs de performance, d’évaluer la satisfaction des usagers et de proposer des axes d’amélioration continue de nos services afin d’aboutir à une certification ISO de nos processus. Sur le second point, nous procéderons à la mise en place un Observatoire de l’éthique et de la déontologie en vue de promouvoir les valeurs morales et les règles déontologiques au sein de notre administration. Ces chantiers et bien d’autres font partie du projet global de réorganisation de nos services dont l’aboutissement est proche.

 

« Nous avons fait de la formation des agents et de l’amélioration des conditions de travail le socle de notre stratégie de développement du capital humain. »

 

Dans votre stratégie de développement, comment évoluent vos quatre réformes majeures: la digitalisation intégrale des processus financiers et comptables, l’instauration d’un système de gestion de la performance, la modernisation du cadre réglementaire, et enfin le renforcement du capital humain ?

 

Il convient de souligner que la digitalisation des services publics constitue un levier essentiel pour la modernisation de l’administration gabonaise. Il y a cependant lieu de préciser que la digitalisation ne consiste pas uniquement en une transformation technique, mais qu’elle implique au préalable une transformation organisationnelle. Digitaliser le Trésor public revient donc à transformer en profondeur son organisation. Toutefois, cette transformation ne saurait se limiter au seul Trésor public compte tenu de son rôled’acteur pivot dans la gestion des finances publiques. Il faudra tenir compte de l’ensemble de son écosystème et disposer de passerelles de communication efficaces avec tous les acteurs externes. 

S’agissant de la démarche de performance et de la révision du cadre réglementaire, les travaux relatifs à ces chantiers sont lancés et avancent à bon rythme. Je saisis cette occasion pour rappeler que la loi organique n°020/2014 du 21 mai 2015 relative aux lois de finances et à l’exécution du budget (LOLFEB) a instituéde nouvelles règles d’élaboration et d’exécution du budget de l’État. Celles-ci ont pour ambition de faire passer l’État d’une logique de moyens à une logique de résultats. Dans le cadre du programme « comptabilité et trésorerie » relevant du Trésor public, notre ambition est claire : mieux mobiliser les ressources internes, payer la bonne dépense à échéance et produire une information financière fiable en temps réel.

Sur le plan réglementaire, l’aboutissement du décret portant réorganisation de nos services devrait intervenir dans des délais raisonnables.

Enfin, en ce qui concerne la gestion des ressources humaines, nous avons fait de la formation des agents et de l’amélioration des conditions de travail le socle de notre stratégie de développement du capital humain.À cet effet nous avons, avec les partenaires sociaux, entamé la visite de tous les postes comptables de l’intérieur du pays : ilne nous reste plus qu’une province à boucler.S’agissant précisément de la formation, nous comptons actuellement deux cent quatre-vingt-trois (283) agents (internes et externes confondus) en formation initiale dans différentes structures, au Gabon et à l’étranger. En parallèle, des séminaires de renforcement des capacités pour les agents en activité sont régulièrement organisés au sein de notre Centre de formation.

 

« La digitalisation ne consiste pas uniquement en une transformation technique, elle implique au préalable une transformation organisationnelle. »

 

Selon les dernières statistiques publiées par la BEAC, le marché des valeurs du Trésor de la CEMAC a atteint un encours de 8 451,8 milliards de FCFA (14,6 milliards de dollars) à fin mars 2025, soit une progression mensuelle de 12,3 % par rapport aux 7 525,341 milliards de FCFA de fin février. Qu’est-ce qui montre que le marché des valeurs du Trésor est largement tiré par le Gabon, et pourquoi les bons et obligations du Trésor assimilables (BTA et OTA) deviennent-ils les outils de financement les plus sollicités par les États ?

 

Pour répondre à cette question, permettez-moi de rappeler que le marché des titres publics de la CEMAC demeure l’instrument privilégiéde financement pour les États de notre sous-région. L’augmentation continue de l’encours des titres publics résulte du besoin croissant de financement des États. S’agissant de la position du Gabon sur ce marché, il convient de préciser que notre pays représente une part significative de cet encours, ce qui s’explique par plusieurs facteurs, parmi lesquels la taille relative de notre économie, nos besoins de financement liés au Plan national de croissance et de développement (PNCD), mais également la confiance que les investisseurs accordent à la signature gabonaise. 

Sur la période que vous indiquez, le taux moyen des bons du Trésor assimilables (BTA) a effectivement progressé. Cette progression traduit un renchérissement du coût de financement des États consécutif à la suppression des avances statutaires de  la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) aux Trésors publics nationaux et à la nécessité d’offrir aux investisseurs des instruments financiers rentables, liquides et peu risqués. Dans ce contexte, les banques spécialisées en valeurs du Trésor (SVT) répondent systématiquement à nos demandes de financement, qui offrent des taux attractifs et un mécanisme de remboursement sécurisé et garanti par la BEAC. Par ailleurs, concernant la prééminence des BTA dans le mix de financement des États, cela s’explique par leur souplesse opérationnelle et leur adaptabilité aux contraintes de trésorerie, contrairement aux obligations du trésor assimilables (OTA) dont les maturités sont plus longues, donc moins prisées par le système financier de la zone, qui reste dominé par des dépôts de court terme.

 

« La transformation du CPC-TP en agence régionale vise à doter notre cadre de concertation d’une structure permanente dotée de moyens propres et d’une capacité d’expertise renforcée. »

 

Vous avez exprimé votre ambition de transformer le CPC-TP CEMAC (Cadre permanent de concertation des Trésors publics), dont vous êtes le président, en une véritable agence régionale. Pourquoi cette évolution et où en est ce processus de mutation ? Avez-vous pu consolider le positionnement du Gabon comme leader dans la dynamique économique et monétaire de la CEMAC, et quel est le bilan de la présidence gabonaise ?

 

La réponse à cette question qui comporte plusieurs volets m’amène à rappeler que le CPC-TP CEMAC a été créé fin 2021 avec l’objectif global de dynamiser le marché des valeurs du Trésor par le partage des bonnes pratiques et des échanges réguliers sur des sujets en lien avec le développement du marché domestique des valeurs du Trésor. 

S’agissant de la transformation du CPC-TP en agence régionale, cette réflexion stratégique vise à doter notre cadre de concertation d’une structure permanente dotée de moyens propres et d’une capacité d’expertise renforcée. L’objectif est de passer d’une logique de rencontres périodiques à une véritable institution régionale capable d’accompagner en continu les États membres dans leurs stratégies de financement et de gestion de la dette. Ce processus nécessite naturellement l’approbation des instances communautaires et fait actuellement l’objet d’échanges techniques avec les autorités de la CEMAC.

En assurant la présidence du CPC-TP, je ne pouvais m’éloigner de cet objectif. Dans mon discours de clôture des travaux de la 14e session qui s’est tenue à Libreville en juin 2025, j’avais souligné que l'avenir de notre marché des valeurs du Trésor reposait sur une gouvernance rigoureuse et une coopération efficace. Les recommandations de cette session ont mis l'accent sur l'élargissement de l'assiette fiscale et la simplification des procédures pour accroître la liquidité du marché secondaire, tout en favorisant le dynamisme des échanges. Des mesures concrètes ont également été proposées pour valoriser les portefeuilles de titres, optimiser les opérations de rachat et d'échange, harmoniser la réglementation des changes, diversifier la base des investisseurs, garantir la soutenabilité de la dette publique,et enfin créer un environnement économique plus propice à l'investissement. 

 

« Le Trésor public doit faire preuve d’agilité et d’anticipation pour concilier exécution budgétaire dynamique et soutenabilité financière. »

 

Le budget 2026adopté par le Parlement s’élève à 6 358,2 milliards de FCFA, soit une hausse spectaculaire de 51 % par rapport à l’année dernière. Quel rôle votre régie financière va-t-elle jouer dans l’exécution de ce budget ?

 

Dans le cadre du budget 2026, le gouvernement mise sur une croissance économique de 6,5% portée par la diversification de l’économie et l’amélioration du climat des affaires. Les recettes propres de l’État sont estimées à 4 153,9 milliards de FCFA, un objectif ambitieux qui repose en grande partie sur les réformes fiscales engagées par le gouvernement et sur la digitalisation des régies financières (Douanes, Impôts, Trésor) en vue d’optimiser la gestion des ressources publiques.

Le Trésor public, en tant que caissier et banquier de l’État, jouera un rôle déterminant dans l’exécution de ce budget. Concrètement, notre mission consiste à optimiser la mobilisation des recettes fiscales et non fiscales en coordination avec les autres régies financières, à assurer une gestion rigoureuse de la trésorerie de l’État à travers une généralisation du Compte unique du Trésor garantissant la disponibilité des fonds pour honorer les engagements de l’État, à piloter les opérations de financement sur le marché financier régional et international pour couvrir un besoin de financement estimé à près de 2 200 milliards de FCFA, à garantir la régularité et la sincérité des opérations comptables en produisant une information financière fiable et en temps réel, et enfin à veiller à ce que l’endettement reste sur une trajectoire soutenable, conformément aux pactes de convergence régionaux, tout en finançant les projets structurants du PNCD.

Cette augmentation substantielle du budget traduisant l’ambition du gouvernement de relancer l’investissement public, le Trésor public devra faire preuve d’agilité et d’anticipation pour concilier exécution budgétaire dynamique et soutenabilité financière.

 

« L’enjeu central consiste à faire de la dette un véritable levier de croissance. »

 

Le 19 décembre 2025, le Gabon a bouclé avec succès son émission obligataire EOG 2025en mobilisant 106,5 milliards de FCFA, alors que l’objectif initial était fixé à 50 milliards de FCFA, soit un taux de souscription de 212,96 %. Que traduit cette forte mobilisation des investisseurs pour cet emprunt sur le marché régional ? D’autres opérations d’emprunt sur le marchérégional et le marché international sont-elles prévues en 2026 ?

 

Comme vous l’avez très justement souligné, cette opération a été un véritable succès et confirme la confiance des investisseurs régionaux (CEMAC) dans la stratégie de financement et de développement durable du Gabon. Cette levée record de fonds permettra de financer des projets structurants et de renforcer la souveraineté économique de notre pays.J’ajouterai que le succès remarquable de cette opération souligne la qualité de la signature du Gabon, qui demeure l’une des plus crédibles de la zone. 

S’agissant des perspectives d’emprunt pour 2026, je confirme que d’autres opérations sont envisagées, tant sur le marché régional qu’international, pour assurer le financement de notre budget. Toutefois, je tiens à préciser que notre stratégie d’endettement demeure guidée par le principe de soutenabilité de la dette. Il ne s’agit pas d’emprunter pour emprunter, mais de mobiliser judicieusement les ressources nécessaires au financement de projets à fort impact économique et social.L’enjeu central consiste à faire de la dette un véritable levier de croissance.

 

En termes d’actions, quel bilan dressez-vous de l’année 2025 ? 

 

Cette question est essentielle car elle permet d’évaluer le chemin parcouru, de consolider les acquis et de tracer une trajectoire d’évolution claire. À cet égard, je tiens à rappeler que depuis 2014, le Trésor public a adopté une démarche prospective,matérialisée par des Plans Stratégiques triennauxen vue d’anticiper au mieux les grands défis auxquels notre administration pourrait être confrontée à moyen et long termes. Le plan actuel couvre la période 2024-2026. C’est à l’issue de cette période qu’un bilan global sera dressé. À mi-parcours, je constate que nos différents chantiers avancent à un rythme satisfaisant. Parmi les réalisations notables, je citerai notamment l’accélération de la digitalisation des paiements publics, avec une augmentation significative du taux de bancarisation des dépenses, le renforcement du dispositif de contrôle interne, l’amélioration du délai moyen de paiement des fournisseurs de l’État ou encore la montée en compétence de nos ressources humaines à travers des programmes de formation ciblés.D’ailleurs, nous allons franchir un nouveau palier dans la modernisation de l’environnement et des outils de tenue des comptes de l’État avec le déploiement, dans quelques mois et en phase test, du volet comptable du Système intégré de gestion des finances publiques. À cet effet, permettez-moi de dire à chaque agent et partenaire du Trésor public que si nos ambitions sont collectives, nos défis seront à la portée de tous.

 

Pour 2026, comment les actions de la DGCPT vont-elles s’inscrire en droite ligne des orientations du PNCD ?

 

S’agissant du Plan national de croissance et de développement 2026–2030 lancé le 23 juillet 2025 à Libreville,celui-ci ambitionne de tourner la page des improvisations et de replacer la planification stratégique au centre de l’action de l’État. L’objectif global est d’atteindre, à moyen terme, un taux de 10 % de croissance annuelle et la mobilisation de 10 000 milliards de FCFA. Les axes stratégiques de ce plan incluent notamment la diversification économique pour réduire la dépendance aux matières premières, l’amélioration de l’accès au financement, la création d’emplois, notamment pour les jeunes, et enfin l’alignement sur les Objectifs de développement durable (ODD).Dans ce contexte, le Trésor public se positionne naturellement comme acteur majeur dans la mobilisation des ressources financières. Pour répondre efficacement à ces enjeux, notre future organisation intègre notammentdes structures dédiées avec la création d’une Recette centrale, c’est-à-dire un poste comptable principal dédié exclusivement à l’encaissement des ressources, ainsi que d’une Direction des marchés des capitaux et d’une Direction de la digitalisation.

En définitive, 2026 s’annonce comme une année charnière pour le Trésor public. Notre défi sera de concilier modernisation institutionnelle, performance opérationnelle et accompagnement des ambitions de développement portées par le PNCD. Nous sommes pleinement mobilisés pour relever ce défi au service de la Nation.

 

Propos recueillis par Anna de Neuville