« Vaalco Gabon SA entend demeurer un partenaire de premier plan dans le développement du bassin sédimentaire gabonais »

Viannet Okouma M’Angha, administrateur directeur général de Vaalco Gabon SA, se réjouit des performances de son entreprise et envisage l’avenir avec détermination, pragmatisme et optimisme. L’implantation nationale de la société qu’il dirige répond à une stratégie éprouvée qui ne change pas : être partie prenante décisive du paysage des hydrocarbures.

 

Le 21 novembre dernier, vous avez tenu à Libreville un point presse où ont été présentés les résultats financiers de Vaalco, 6e producteur national de pétrole au Gabon avec environ 15 000 barils/jour. Á cette occasion a été annoncé un résultat de près de 600 millions de FCFA au titre du 3e trimestre de l’exercice en cours. Comment expliquez-vous cette performance, notamment au regard de l’arrêt temporaire des installations en juillet pour des opérations de maintenance ?

 

Viannet Okouma M’Angha : Vaalco produit du pétrole au Gabon depuis 2002. Depuis lors, nous avons cumulé un total de 140 millions de barils extraits du sous-sol, et nous continuons à maintenir la production à un niveau d’environ 15 000 barils/jour. En juillet 2025, nous avons réussi un shutdown, c’est-à-dire un arrêt complet des activités productives prévu pour la maintenance des plates-formes et pour effectuer des inspections de sécurité et d’autres actions de maintenance nécessaires. Cette opération a été un succès total car elle s’est déroulée sans incidents et qu’elle nous a permis de conserver un niveau de disponibilité de nos infrastructures de production de plus de 95%. 

Comme vous le mentionnez, Vaalco est en effet le 6e producteur national derrière Perenco, GOC/Assala, BWE, M&P et TotalEnergies EP. Pour ce qui et de nos bons résultats du 3e trimestre 2025 malgré un prix du baril décroissant, ils traduisent la forte disponibilité opérationnelle des infrastructures de production ainsi que nos efforts d'optimisation venant compenser le déclin naturel des champs du CEPP Etame-Marin n° G4-160. Par ailleurs, notre stratégie au Gabon demeure inchangée : le Groupe entend poursuivre son engagement en tant qu’acteur majeur de l’industrie nationale des hydrocarbures et demeurer un partenaire de premier plan dans le développement du bassin sédimentaire gabonais. 

 

Comment évolue la nouvelle campagne de forage engagée depuis septembre dernier par Vaalco et qui comprend 5 puits fermes et 5 puits optionnels, le tout devant permettre une augmentation de la production d’environ 16 000 barils/jour ? 

 

Nous avons réussi le lancement du programme de forage Phase 3 au large des côtes de Mayumba en novembre 2025, avec en premier lieu la découverte d'un réservoir de haute qualité dans le puits ET-15, conformément aux estimations initiales. Ensuite, le deuxième puits pilote, ET-15P-ST1, a rencontré plusieurs intervalles sableux. Une analyse détaillée et une évaluation volumétrique sont en cours afin de confirmer sa viabilité commerciale. Enfin, nous avons mis  le puits ET-15H en production au mois de février 2026, ce qui représente des barils supplémentaires. Et en effet, comme vous le dites, le programme de forage Phase 3 consiste à forer 5 puits fermes et 5 puits optionnels. Nous allons bientôt achever la mise en production du premier puits de ce programme et nous irons jusqu’au bout. 

 

Eu égard à un investissement estimé à près de 200 millions de dollars, ces nouveaux forages pourront-ils, selon vos prévisions, être amortis à court ou à moyen terme ?

 

C’est un programme économiquement viable, selon nos critères d’entreprise. Donc, le problème de l’amortissement à moyen terme de cet investissement de 200 millions de dollars ne se pose pas. Nos projets dans l’industrie sont rentables sur le long terme. Á titre d’exemple, si nous produisons ne serait-ce que 5 millions de barils, ce sera alors un projet rentable, avec un prix du Brent qui s’élève à 65 $/baril. 

 

« Nous avons atteint un taux de gabonisation de près de 94 %, soit 135 Gabonais pour 9 expatriés. »

 

En octobre dernier, les entreprises pétrolières, y compris les sociétés de sous-traitance, ont été invitées à régulariser la situation de leurs employés, notamment par l’allongement des contrats à durée déterminée ou par le recours à des contrats à durée indéterminée, ainsi qu’à réduire les écarts de traitement entre salariés gabonais et salariés expatriés. Bien que Vaalco ne soit pas directement concernée, comment votre direction analyse-t-elle l’initiative engagée par le gouvernement, à travers les ministères du Pétrole et du Travail, visant à améliorer les conditions de travail et à instaurer un cadre plus équitable pour la main-d’œuvre nationale dans le secteur des hydrocarbures ? 

 

Nous n’avons pas cette problématique à Vaalco Gabon SA. Entre 2024 et 2025, nous exécuté un plan de nationalisation savamment pensé : nous avons procédé à la conversion des contractuels gabonais en employés directs ainsi qu’à la conversion des contractuels expatriés en employés gabonais directs. Nous avons également procédé, en 2024, à la libération des contractuels expatriés de même qu’à la signature d'une convention collective prévoyant entre autres le paiement de jours supplémentaires aux employés offshore. Nous avons ainsi atteint un taux de gabonisation de près de 94 %, ce qui représente 135 Gabonais pour 9 expatriés sur un effectif direct de 144 employés. 

 

Vaalco, en ligne avec ses politiques internes, est une société qui se conforme aux textes et lois en vigueur dans tous les pays où elle opère, répondant ainsi à une double exigence : celle du respect d’une éthique de « business practices » et celle liée au fait d’être cotée à la bourse. Par conséquent, le recours aux entreprises de mise à disposition du personnel n’intervient que pour pourvoir des postes de façon temporaire, notamment pour le remplacement des employés en congés ou dans le cadre d’un surcroît d’activités. Tous nos postes organiques sont occupés par du personnel Vaalco, résultat d’une restructuration menée d’une main de maître en 2024 et qui a abouti à régulariser la situation des membres que notre personnel lorsqu’elle n’était pas en phase avec la réglementation.

 

Quelles sont les raisons qui, le 26 janvier 2026, dans le cadre du mécanisme des Provisions pour investissements diversifiés (PID/PIH), ont conduit Vaalco Gabon SA à mobiliser une ligne budgétaire de 1,5 milliard de FCFA au bénéfice du gouvernement ?

 

Merci pour cette question qui va nous permettre d’élucider plusieurs points sur ce qui s’est passé le 26 janvier 2026 lors de la CPG (Commission paritaire de gérance). Le mécanisme PID/PIH est une obligation contractuelle prévue par le Code des hydrocarbures, qui la définit comme suit : « Les entreprises exerçant les activités amont, conformément aux dispositions de l’article 168 du Code des hydrocarbures, entre autres actions, participent au financement des investissements et au règlement des engagements financiers adaptés aux objectifs de diversification de l’économie nationale, notamment au moyen des mécanismes de la PID et de la PIH prévus dans les contrats d’hydrocarbures. »

Cela signifie clairement que la Provision pour investissements diversifiés (PID) et la Provision pour investissements en hydrocarbures (PIH) sont des mécanismes financiers obligatoires imposés aux sociétés pétrolières au Gabon pour financer le développement économique et les infrastructures. Gérées via des commissions paritaires État-opérateurs, elles financent des projets sociaux, éducatifs et routiers. C’est donc une provision que les entreprises consentent à l’État gabonais, donc c’est l’argent de l’État et non celui de Vaalco Gabon SA. Nous restituons de ce fait à César ce qui appartient à César. Dans ce cas précis il s’agissait, à la demande de l’État, d’affecter 1,5 milliard de FCFA à des projets portés par le ministère de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie. J’insiste, ce n’est pas l’argent de Vaalco Gabon SA, c’est celui de l’État.

 

Dans l’attente du bilan financier du 4e trimestre dont les résultats attendus seront très probablement en hausse, pouvez-vous nous indiquer quelles seront les principales priorités inscrites sur la feuille de route de Vaalco Gabon SA pour l’année 2026 ? 

 

Nos objectifs pour 2026 sont tout d’abord de nous engager à poursuivre notre effort particulier dans le domaine de la qualité, de l’hygiène, de la sécurité et de l’environnement (QHSE), où il est indispensable de s’inscrire dans un processus d’amélioration permanente. Par ailleurs, il va de soi que les questions de production sont appelées à nous mobiliser fortement, l’optimisation dans ce registre n’étant pas une option mais une nécessité absolue, indissociable d’ailleurs de celle concernant le coût opératoire, qui est toujours à réduire tout en augmentant les performances. Cela suppose bien évidemment une vigilance de tous les instants ainsi que la mise en œuvre des efforts appropriés pour maintenir le cashflow, cet indicateur majeur de la trésorerie et de la bonne santé financière de Vaalco Gabon SA. Nous allons aussi veiller au remplacement des réserves, condition sine qua non du maintien, voire de l’augmentation de notre production. Enfin, 2026 sera une année où nous aurons à cœur la réalisation de nos projets en temps et en heure, tout en respectant scrupuleusement les exigences dictées par notre budget. Comme vous le constatez, nous avons du pain sur la planche, et cela nous stimule fortement.

 

Propos recueillis par Lucie Delage-Morin