SNHG : le Gabon définit son destin énergétique

À l’heure où l’Afrique recompose ses équilibres économiques et stratégiques, la Société nationale des hydrocarbures du Gabon (SNHG) s’impose comme l’un des moteurs industriels les plus en vue de la transformation économique nationale. Quinze ans après sa création, l’entreprise publique a changé d’échelle : actifs consolidés, chaîne de valeur intégrée, infrastructures en développement, production accrue et vision industrielle assumée. Plus qu’une montée en puissance, c’est son destin énergétique que la SNHG dessine progressivement.

 

Société nationale des hydrocarbures du Gabon

En août 2026, la SNHG célébrera quinze années d’existence. Quinze années au cours desquelles elle est passée du statut d’instrument institutionnel à celui de groupe énergétique intégré, notamment depuis 2023, sous l’impulsion affirmée des plus hautes autorités de la République. Dans un secteur longtemps dominé par des compagnies internationales, la SNHG avance désormais avec méthode, consolidant ses investissements stratégiques dans l’amont, l’aval et les services pétroliers.

 

Dans l’amont pétrolier

 

En 2022, la SNHG ne disposait que du champ de Mboumba, dont la production moyenne journalière se situait autour de 1000 barils. Trois ans plus tard, à partir de 2025, sa production propre, issue de ses actifs opérés et non opérés, atteignait environ 27 000 barils par jour. Une progression remarquable, renforcée par l’intégration de nouveaux actifs stratégiques ayant durablement changé la dimension industrielle de la société.

En 2024, le rachat d’Assala Energy a constitué un autre changement d’échelle majeur. Avec une production se situant autour de 50 000 barils par jour, cet actif représente à lui seul une part significative de la production nationale. À ce rachat s’est ajoutée l’intégration des actifs de Tullow Oil Gabon, devenu Gabon Oil Participations (GOP), avec une production oscillant autour de 12 000 barils par jour en quote-part sur plusieurs permis opérés par des compagnies tierces. En agrégeant la production propre de la SNHG à celle d’Assala Energy et à celle de GOP, la production du groupe GOC se situe désormais autour de 90 000 barils par jour. L’objectif est de saisir les opportunités, tant en exploration qu’en production. 

Dans l’amont pétrolier, l’ensemble des actions engagées en deux ans traduit à la fois une maîtrise remarquable et une montée en compétence tout aussi spectaculaire. « La SNHG n’additionne pas des actifs : elle construit un groupe intégré et durable qui crée de la valeur et participe au développement du secteur industriel gabonais », précise à toutes fins utiles Marcellin Simba Ngabi, administrateur directeur général.

 

Dans l’aval pétrolier

 

Le groupe GOC ne se limite pas à produire davantage. Il entend également mieux maîtriser les circuits de distribution et de transformation. À la demande des plus hautes autorités de la République gabonaise, il a négocié durant l’année 2024 un tournant important avec la décision d’engager Gab’Oil dans un programme ambitieux de construction d’une vingtaine de stations-service. Résultat : depuis quelques mois, nous assistons à une succession d’inaugurations de stations-service sur l’ensemble du territoire national. Une dynamique qui répond à un double objectif : mieux desservir les populations grâce à un maillage géographique cohérent du pays, et bien sûr augmenter les parts de marché de Gab’Oil. À l’issue du programme, le réseau, qui comptait 7 stations-service en 2023, passera à 27, soit presque 4 fois plus.

La même logique s’applique à Pizolub, acteur industriel historique spécialisé dans les lubrifiants ainsi que dans les emballages métalliques et plastiques. Sa restructuration doit permettre de renforcer la transformation locale et de substituer certaines importations, de réduire les achats extérieurs de lubrifiants et d’élargir progressivement la gamme de produits industriels disponibles au Gabon.

Le groupe GOC agit également dans le stockage et la distribution des produits, maillon souvent ignoré dans le cadre des activités de l’aval pétrolier. Après l’acquisition du dépôt pétrolier de Lambaréné, ancienne propriété de TotalEnergies Marketing Gabon, le groupe ambitionne de le développer en portant ses capacités de stockage, actuellement de 1500 m³, à plus de 30 000 m³ de produits raffinés, en comptant la réintroduction future de l’essence sans plomb. Cette transformation permettra de couvrir efficacement les besoins des populations et des acteurs économiques des provinces du Moyen-Ogooué, de la Ngounié et de la Nyanga. « Les infrastructures pétrolières sont des instruments de souveraineté nécessaires au développement économique : elles sécurisent le présent et préparent l’avenir », explique l’administrateur directeur général Marcellin Simba Ngabi.

 

Dans les services pétroliers

 

Le rachat de la Société de maintenance pétrolière (SMP) constitue une autre étape décisive pour le groupe GOC. Forage, maintenance, assistance technique, interventions spécialisées sont autant de fonctions critiques que le groupe GOC entend désormais mieux maîtriser en interne grâce au savoir-faire des équipes de SMP. Les services proposés réduisent la dépendance extérieure, améliorent les délais opérationnels et développent un savoir-faire national durable dans les métiers du forage. La présence de SMP au sein du groupe GOC permet désormais de disposer des rigs de forage et d’unités de workover, des équipements qui réduisent sensiblement les délais de mobilisation et de mise à disposition tout en favorisant une meilleure maîtrise des coûts dans les services pétroliers.

Cependant, aucune ambition industrielle ne peut se concrétiser sans des ressources humaines disponibles en nombre et en qualité. Avec plus de 1300 collaborateurs au sein de ses différentes entités, le groupe investit massivement dans la formation technique et managériale des équipes, tant au Gabon qu’à l’international. Dans le secteur pétrolier, les métiers évoluent, les exigences techniques se renforcent et les standards se complexifient. La SNHG et ses entités s’y préparent méthodiquement, avec la conviction que la compétence demeure la meilleure garantie de performance opérationnelle. 

Le groupe GOC n’affiche pas un objectif continental. Sa priorité demeure la maîtrise complète de la chaîne de valeur au niveau national et l’augmentation significative de sa production journalière. Toutefois, il fait de son modèle intégré, de la densification de ses actifs et de la régularité de son expansion le credo de sa progression. « Nous avançons avec constance vers les objectifs de croissance que nous ont assignés les plus hautes autorités de la République, en tête desquelles Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République, chef de l’État, chef du gouvernement. Ce que nous bâtissons aujourd’hui pourrait servir de modèle à d’autres secteurs industriels au Gabon », tient à souligner Marcellin Simba Ngabi.

Ainsi, pour les plus hautes autorités de la République gabonaise, le groupe GOC incarne une nouvelle vision industrielle tournée vers l’avenir et l’appropriation des ressources du pays. Il s’agira désormais de mieux maîtriser les ressources, d’en organiser la valeur, de créer davantage d’emplois et de faire de GOC un instrument durable de développement. Cette ambition, aussi noble que légitime, devra être développée de façon méthodique, ce qui, désormais, fait d’elle une ambition en marche…

 

Lucie Delage-Morin